Crevette Red Cherry : tout ce que vous devez savoir (Guide complet 2026)

Publié le , par Camille Roussel
Crevettes Red Cherry : tout ce que vous devez savoir !



Tout commence par une tache écarlate qui file entre les mousses d’un aquarium planté. Cette petite crevette rouge d’eau douce, robuste et accessible aux débutants, n’est pas une espèce à part : c’est une sélection rouge de Neocaridina davidi, fixée au fil des générations à partir d’un ancêtre brun.

On la maintient dans une eau douce, plutôt neutre à légèrement dure, que l’on stabilise plus qu’on ne la perfectionne. Ici, les paramètres (GH, KH, TDS, conductivité) sont des repères, pas des dogmes : un bac stable compte davantage qu’un chiffre parfait. Le décor joue aussi, du sol neutre à la filtration douce, en passant par le biofilm que les crevettes broutent toute la journée et la nourriture qu’on dose sans excès.

Tout se joue au démarrage, quand les nitrites doivent retomber à zéro et que le cuivre, toxique pour elle, n’a pas sa place. Vient ensuite la vie de la colonie : la mue, délicate, et la reproduction, quand une femelle grainée porte ses œufs sous l’abdomen avant de libérer des juvéniles déjà formés, accrochés aux cachettes.

Pas de promesse d’invincibilité ni de recette magique : juste ce qui sépare une population qui s’installe d’un bac qui décline. Bienvenue dans la fiche de référence.

En bref : la Red Cherry est la variété rouge de Neocaridina davidi, une crevette d’eau douce parmi les plus tolérantes pour débuter. Elle se maintient en eau neutre à légèrement dure, sur sol neutre, dans un bac cyclé et stable. Ce n’est ni une espèce distincte, ni une « Crystal Red » : c’est une sélection de couleur.

Définition simple. Neocaridina davidi est l’espèce. « Red Cherry » est un nom commercial qui désigne sa forme rouge, obtenue par sélection à partir d’un ancêtre sauvage brun. Les autres noms (Sakura, Fire Red, Bloody Mary, mais aussi Blue Dream ou Yellow) désignent d’autres couleurs ou intensités de la même espèce, pas d’autres crevettes.

Fiche d’identité (repères, à confirmer selon ta souche)

  • Espèce : Neocaridina davidi (nom d’usage en aquariophilie).
  • Autres noms / couleurs : Red Cherry, Sakura, Fire Red, Bloody Mary, Blue Dream, Yellow, Green Jade… toutes la même espèce.
  • Origine : forme sauvage brune ; les couleurs vives sont obtenues par sélection d’élevage.
  • Taille : repère courant autour de 2,5 à 3,5 cm adulte (indicatif).
  • Durée de vie : de l’ordre d’un à deux ans selon les conditions (repère, pas une garantie).
  • Niveau : accessible débutant, plus tolérante que beaucoup de Caridina, sans être indestructible.
  • Eau : neutre à légèrement dure ; sol neutre / inerte (pas de sol actif acidifiant).

  • Espèce : Neocaridina davidi ; « Red Cherry » = sélection rouge, pas une espèce à part.
  • Eau : neutre à légèrement dure, sol neutre/inerte, sel GH/KH+ si tu pars d’eau osmosée.
  • Repères (pas des dogmes) : pH 7,0-7,5, GH 8-12 °dH, KH 3-6 °dH, TDS environ 180-280 ppm, 20-24 °C, nitrites et ammoniaque à 0.
  • La stabilité du bac prime sur le « chiffre parfait ».
  • Plus tolérante que beaucoup de Caridina, mais pas indestructible.
  • Aucune promesse de reproduction, de survie, de couleur ou de mue : on met les conditions, on n’achète pas un résultat.

Rédigé par Camille Roussel, éleveuse française de crevettes d’aquarium depuis plus de 15 ans, spécialiste de la reproduction sélective des morphes de couleur de Neocaridina et des Caridina Bee. Elle suit ses propres cohortes de Red Cherry et d’autres Neocaridina davidi en bacs dédiés, du tri des juvéniles à la fixation des lignées de couleur, avec un objectif constant : rendre l’élevage des crevettes simple et durable pour les débutants.

Publié le 24 novembre 2022. Dernière révision : 1 juillet 2026, paramètres, cyclage et reminéralisation recoupés avec les sources internes Shrimp-Délice et le retour terrain d’élevage ; nomenclature et biologie de la couleur appuyées sur des travaux scientifiques récents.

Sommaire

Red Cherry, Sakura, Fire Red : une seule espèce, des sélections de couleur

Avant de parler chiffres, il faut lever la confusion la plus courante. Tous ces noms ne décrivent pas des crevettes différentes : ils décrivent des couleurs et des intensités d’une même espèce, Neocaridina davidi. La couleur est biologique (elle vient des chromatophores, les cellules pigmentaires) ; le « grade » est une étiquette commerciale, variable d’un vendeur à l’autre. Comprendre ça t’évite de payer un nom plutôt qu’une crevette, et de te tromper d’attentes sur la maintenance, identique quelle que soit la teinte.

Pourquoi « Red Cherry » n’est pas une espèce

La forme sauvage de Neocaridina davidi est brune. Les éleveurs ont sélectionné, génération après génération, les individus les plus rouges pour fixer la couleur. « Red Cherry » nomme cette ligne rouge. La maintenance ne change pas selon la couleur : une rouge, une jaune ou une bleue de la même espèce ont les mêmes besoins d’eau.

Neocaridina davidi ou denticulata ? une simple nuance de nom

Neocaridina davidi reste le nom couramment employé en aquariophilie. À noter, pour les curieux : une révision taxonomique récente propose de rapprocher cette espèce de Neocaridina denticulata et de la traiter comme un même ensemble d’espèces. Ce n’est pas « davidi n’existe plus », mais une proposition de synonymie encore discutée. En pratique, pour ton bac, cela ne change rien : on garde le nom d’usage Neocaridina davidi, et les besoins de maintenance décrits ici restent les mêmes.

Sakura, Fire Red, Painted Fire Red, Bloody Mary : intensités, pas hiérarchie officielle

Dans la ligne rouge, les appellations décrivent surtout une intensité et une couverture croissantes, du rouge clair au rouge dense. C’est une échelle commerciale, pas une norme universelle : un même individu peut être étiqueté différemment selon le vendeur. « Sakura », « Fire Red » ou « Painted Fire Red » désignent des sélections rouges de plus en plus couvrantes, « Bloody Mary » un rouge très soutenu, mais il n’existe pas de liste officielle des grades et aucune de ces appellations n’est « officiellement » au-dessus des autres. Règle simple : ne déduis ni le prix, ni la rareté, ni la robustesse à partir d’un nom.

Rili, Blue Dream, Yellow : la même espèce, d’autres motifs et couleurs

Le Rili n’est pas une couleur mais un motif (zones colorées et zones translucides), qui existe sur plusieurs couleurs. Blue Dream, Blue Velvet, Yellow, Green Jade : ce sont d’autres sélections de Neocaridina davidi. Si tu veux explorer ces variantes, vois nos guides dédiés à la crevette Yellow, à la Blue Velvet, à la Green Jade, à la Red Rili ou à l’Orange Sakura. À noter : la « Red Cherry bleue » n’existe pas comme telle. Une crevette vendue sous ce nom est en réalité une sélection bleue (Blue Velvet, Blue Dream) de la même espèce.

Red Cherry et Crystal Red, ce n’est pas pareil

Piège classique : deux crevettes rouges, deux mondes. La Red Cherry est une Neocaridina (eau neutre à dure, sol neutre, niveau débutant). La Crystal Red est une Caridina (eau douce et acide, sol actif, niveau confirmé). On ne maintient pas les deux dans la même eau. Pour choisir en connaissance de cause, lis notre comparatif Neocaridina ou Caridina.

Paramètres d’eau de la Red Cherry : des repères, pas des dogmes

Les fiches du web se contredisent souvent, et c’est normal : Neocaridina davidi est tolérante, donc plusieurs fourchettes fonctionnent. Plutôt qu’un chiffre magique, retiens deux idées : une zone idéale confortable et une eau stable. Les valeurs ci-dessous sont des repères de maintenance issus du retour terrain et de nos sources internes, à confirmer selon ta souche et ton eau, pas des garanties. Pour le cadre général, vois notre page sur les paramètres idéaux de l’eau pour crevettes.

ParamètreZone idéaleTolérance possible (à ne pas viser)Note
pH7,0-7,56,5-7,8neutre à légèrement basique
GH (dureté totale)8-12 °dH6-15 °dHminéralisation utile à la mue
KH (dureté carbonatée)3-6 °dH2-8 °dHstabilise le pH
TDSenviron 180-280 ppm150-330 ppmminéralisation globale ; la conductivité (µS/cm) en est une estimation indirecte
Température20-24 °C18-28 °Cau-delà de 26-27 °C : stress et oxygène en baisse ; 28 °C à éviter en continu
Nitrites (NO2)00toxiques dès les premières traces
Ammoniaque (NH3)00toxique même en traces
Nitrates (NO3)moins de 20 mg/Lmoins de 40 mg/L40 n’est pas une cible confortable : viser bien plus bas
Volume minimum20 L30-60 L conseilléplus de volume = plus de stabilité

Ces valeurs larges ne sont pas des objectifs. Elles indiquent une tolérance possible selon les souches et l’historique du bac. Pour une maintenance sereine, mieux vaut rester dans la zone recommandée et éviter les extrêmes.

pH, GH, KH, TDS : ce que chaque valeur veut dire

Le GH mesure le calcium et le magnésium, utiles à la carapace et à la mue. Le KH est le pouvoir tampon qui empêche le pH de chuter brutalement. Le TDS (solides dissous totaux, en ppm) estime la minéralisation globale de l’eau ; on le suit souvent au quotidien via la conductivité (en µS/cm), qui en est une estimation indirecte et non une mesure exacte du TDS, par exemple avec un conductimètre adapté. Aucun de ces chiffres ne vaut, seul, une eau stable : c’est l’ensemble qui compte.

Nitrites et ammoniaque : la seule tolérance zéro

Sur tout le reste on tolère une fourchette ; sur les composés azotés, non. Nitrites et ammoniaque doivent rester à zéro. Un pic, même bref, est ce qui tue le plus souvent au démarrage. On ne s’y fie pas à l’œil : on teste. Un bac n’est prêt que lorsque les tests le confirment, jamais parce qu’un certain nombre de semaines s’est écoulé. Pour les bases, vois notre guide du cycle de l’azote en aquarium à crevettes.

Eau du robinet ou eau osmosée reminéralisée ?

Selon ta région, une eau du robinet adaptée peut convenir aux Neocaridina. Si ton eau est trop chargée, trop chlorée ou instable, pars sur une eau osmosée reminéralisée avec un sel GH/KH+ (qui remonte GH et KH ensemble, vers un profil neutre stable). Le sel GH+ seul, lui, est réservé aux Caridina.

Installer un bac à Red Cherry

Un bon bac à Red Cherry n’est pas compliqué, il est stable et planté. L’objectif : beaucoup de surfaces colonisables (mousses, racines, feuilles), une eau qui ne varie pas brutalement, et un courant doux. Plus le volume est généreux, plus les paramètres pardonnent. Un nano fonctionne, mais il laisse moins de marge d’erreur : pour débuter, viser 20 à 30 litres est plus confortable.

Volume, sol neutre et plantes

Vingt litres suffisent, trente sont plus sereins. Choisis un sol neutre / inerte (sable de quartz, sable clair, gravier neutre) : contrairement aux Caridina, la Red Cherry ne cherche pas un pH bas tamponné par le substrat. Évite les sols actifs acidifiants (type sols techniques pour Caridina), qui feraient descendre le pH hors de sa zone. Ajoute des plantes peu exigeantes (mousse de Java, anubias, cladophora) : elles offrent du biofilm, des cachettes et stabilisent l’équilibre.

Filtration douce et cachettes

Privilégie une filtration douce (exhausteur sur bulleur, ou crépine protégée par une mousse) pour ne pas aspirer juvéniles et exuvies. Multiplie les cachettes : mousses, feuilles, racines. Elles servent de refuge pendant la mue et de zone de survie pour les jeunes. C’est souvent ce détail, plus que le matériel, qui fait la différence entre un bac qui s’équilibre et un bac qui stagne. Au moment d’introduire les crevettes, soigne l’acclimatation, lente et progressive.

Cycler le bac avant d’introduire les crevettes

Une Red Cherry ne s’installe que dans un bac déjà cyclé. Au démarrage, la matière organique libère de l’ammoniaque, que des bactéries transforment en nitrites puis en nitrates : c’est le cycle de l’azote. Tant qu’il n’est pas établi, l’ammoniaque et surtout les nitrites, toxiques dès les premières traces, peuvent décimer une population. La durée varie selon le bac (température, filtration, sol, plantes, ensemencement bactérien) : il n’existe pas de calendrier universel, et une eau limpide n’est pas forcément une eau cyclée. On n’introduit donc pas au bout de « X semaines », mais quand les tests confirment des nitrites revenus à zéro et des paramètres stables. Les poudres bactériennes peuvent aider au démarrage, sans jamais remplacer les tests ni rendre le bac prêt instantanément.

Que mange la Red Cherry (l’essentiel, le détail à part)

La Red Cherry est omnivore détritivore : elle broute en continu le biofilm et les micro-algues, et complète avec ce que tu apportes. La règle d’or est la sobriété : peu, varié, jamais en excès. Voici la synthèse ; pour les quantités, le planning et les erreurs détaillées, on a une page entière dédiée à la nourriture de la Red Cherry.

Crevette Red Cherry broutant différents aliments dans un aquarium planté
La Red Cherry broute le biofilm et complète avec de petits apports variés.
  • Base : biofilm et micro-algues du bac, en libre-service.
  • Aliment complet : quelques fois par semaine, en petite quantité consommée en 1 à 2 heures (voir la gamme nourriture complète).
  • Végétal : légumes blanchis avec modération (courgette, épinard).
  • Feuilles naturelles : catappa et autres botaniques, source de biofilm.
  • Snowflakes et poudres : snowflakes et poudres utiles, surtout pour les juvéniles.
  • Prudence : trop nourrir dégrade l’eau et favorise planaires et hydres. Aucun aliment ne garantit une meilleure couleur ou une meilleure reproduction.

Reproduction de la Red Cherry (retour terrain, sans promesse)

Cette section décrit ce qu’on observe couramment en maintenance, pas une vérité scientifique absolue : nos sources internes ne fixent pas encore la reproduction de cette sélection, on s’appuie donc sur l’expérience aquariophile et une lecture prudente des observations partagées. Rien n’est garanti : on réunit des conditions favorables, on ne commande pas un résultat.

Crevette Red Cherry femelle grainée avec des œufs sous l'abdomen dans un aquarium planté
Une femelle Red Cherry grainée porte ses œufs sous l’abdomen. La reproduction reste liée à la stabilité du bac, sans garantie automatique.

Distinguer mâle et femelle

La distinction n’est pas toujours évidente, surtout sur de jeunes individus, mais quelques repères aident une fois les crevettes adultes. On observe généralement une femelle plus grande, à la coloration plus dense et au ventre (abdomen) plus large et arrondi, parfois marqué d’une selle ovarienne claire sur le dos. Le mâle est souvent plus petit, plus élancé et plus translucide, avec une couleur moins soutenue. Ce sont des tendances, pas des règles absolues : la couleur et la taille varient d’une lignée à l’autre.

Femelle grainée, selle ovarienne et œufs

Chez certaines femelles, une selle ovarienne (tache claire sur le dos, derrière la tête) signale des œufs en formation dans l’ovaire. Une fois fécondés, les œufs passent sous l’abdomen : on parle de femelle grainée, qui les ventile avec ses pléopodes jusqu’à l’éclosion. C’est ce que cherchent souvent les internautes derrière la question « ma crevette est-elle enceinte ? » : il s’agit en réalité d’une femelle grainée.

Incubation : un repère, pas une règle

En aquarium, l’incubation est souvent observée autour de quelques semaines, fréquemment environ 3 à 4 semaines selon la température et les conditions du bac. Les valeurs souvent citées tournent autour de 20 à 25 jours, mais en l’absence de source interne forte, on les garde comme repère indicatif, non comme règle absolue. De même, le nombre d’œufs par ponte (souvent quelques dizaines) varie selon la femelle et reste un ordre de grandeur, pas une promesse.

Juvéniles, biofilm et cachettes

Les Red Cherry ont un développement direct : pas de phase larvaire en eau douce. Les juvéniles naissent déjà formés, en miniature, et se nourrissent aussitôt de biofilm. Un bac mûr, riche en mousses et en cachettes, est ce qui les aide le plus. En bac communautaire, attends-toi à de la prédation : beaucoup de poissons, même paisibles, mangent les plus petits. Un bac dédié, sans poisson, reste la meilleure option si tu vises une colonie qui se renouvelle.

Mue, juvéniles et couleurs

Trois sujets liés et souvent mal compris. La mue est normale et nécessaire ; la couleur est génétique, pas un effet d’un produit ; et la descendance ne reproduit pas toujours la teinte des parents. Garder ces idées en tête évite les fausses attentes et les décisions inutiles.

Crevette Red Cherry vivante près d'une exuvie translucide après la mue
Une mue vide est translucide et légère. Elle ne doit pas être confondue trop vite avec une crevette morte.

La mue, et « l’anneau de la mort »

La crevette quitte régulièrement sa carapace pour grandir. Laisse l’exuvie dans le bac : elle est reminéralisée et reconsommée. Une mue ratée, parfois appelée « anneau de la mort » (un anneau blanc visible au niveau de la nuque, signe d’une carapace qui ne s’est pas détachée correctement), est souvent associée, par les éleveurs, à un changement trop brutal de paramètres ou à un déséquilibre de minéraux (GH). C’est un repère de terrain, pas une certitude établie : la prévention tient surtout en un mot, la stabilité. Pour aller plus loin, vois notre guide de la mue des crevettes.

Couleur des juvéniles : pas de garantie

Une lignée bien fixée donne des jeunes proches des parents ; une lignée mal fixée, ou le mélange de couleurs différentes, tend à produire une descendance plus pâle, parfois proche du brun sauvage qui reste la forme d’origine. On ne promet jamais la couleur des descendants : pour la conserver, on garde des lignées pures et on sélectionne les individus les plus conformes. Concrètement, mélanger une Red Cherry et une Blue Velvet dans le même bac donne, au fil des générations, une descendance qui ternit.

Comportement et cohabitation en aquarium communautaire

La Red Cherry est paisible et ne menace personne, mais l’inverse n’est pas vrai : sa petite taille en fait une proie. Le choix des colocataires décide en grande partie du nombre de juvéniles qui survivent. En bac dédié, la population se maintient mieux ; en communautaire, elle dépend surtout des cachettes.

Comportement normal et signaux d’alerte

Au quotidien, une Red Cherry en forme broute activement les surfaces, se déplace sans à-coups et mue régulièrement. Quelques signaux invitent à tester l’eau plutôt qu’à s’inquiéter à l’œil : des crevettes qui restent prostrées, qui nagent frénétiquement de façon inhabituelle, qui boudent la nourriture ou qui blanchissent peuvent traduire un souci de paramètres (nitrites, variation brutale, minéralisation). Le réflexe utile n’est pas de traiter à l’aveugle, mais de mesurer l’eau et de revenir à des conditions stables.

Poissons compatibles et incompatibles

  • Plutôt compatibles, avec prudence : très petits poissons paisibles, escargots (Nerite), Otocinclus, dans un bac adapté et mature.
  • À éviter : poisson rouge (eau froide) et tout poisson assez grand pour gober une crevette (bettas, gouramis, cichlidés).
  • Réalité à accepter : même un poisson calme peut manger des juvéniles. Un bac dédié et planté reste la meilleure option si tu vises la reproduction.

Combien de Red Cherry selon le volume (et gérer la surpopulation)

Question récurrente, réponse prudente : commence petit. Dans un bac stable et mature, une population peut croître progressivement, sans que ce soit garanti, et un nano peut vite paraître chargé. Les repères ci-dessous sont des points de départ confortables, pas des plafonds : la filtration, les plantes et l’entretien comptent autant que les litres.

VolumeDémarrage conseilléNote
10-12 L5-8 individusnano, faible marge
20 L8-12 individusbon compromis débutant
30 L10-15 individusla population peut croître si le bac reste stable
60 L20-30 individusvolume confortable

Si la population augmente trop, donne, échange, ou ajoute un second bac : mieux vaut anticiper que laisser la densité dégrader l’eau.

Les erreurs fréquentes (et pourquoi elles arrivent)

La plupart des échecs ne viennent pas de la crevette mais de quelques pièges classiques. Les connaître à l’avance vaut tous les produits miracles. Aucune Red Cherry n’est « increvable » : elle pardonne plus que d’autres, à condition de respecter l’essentiel.

Infographie des erreurs à éviter avec les crevettes Red Cherry
Les erreurs fréquentes qui coûtent une population.
  • Introduire dans un bac non cyclé (nitrites supérieurs à 0) : la cause de mortalité n°1.
  • Se fier au calendrier plutôt qu’aux tests : un bac n’est pas « prêt » après X semaines, mais quand les mesures le confirment.
  • Faire varier les paramètres trop vite : stress et mues ratées.
  • Sur-nourrir : eau dégradée, planaires, hydres.
  • Confondre eau claire et eau cyclée : une eau limpide n’est pas forcément une eau cyclée.
  • Plantes d’animalerie non rincées : résidus d’engrais ou de pesticides, à rincer et patienter avant introduction.
  • Cuivre : présent dans certains traitements pour poissons et certaines plomberies, toxique pour les crevettes, à proscrire.
  • Mettre un sol actif acidifiant : conçu pour les Caridina, il fait sortir la Red Cherry de sa zone de pH.
  • Mélanger les couleurs en espérant garder des lignées pures : la descendance ternit.

Maladies et parasites courants

Un bac stable et peu chargé reste la meilleure prévention. Quelques visiteurs reviennent souvent et méritent d’être identifiés tôt. On reste descriptif : au moindre doute, on observe, on teste l’eau, et on traite avec des produits sûrs pour les crevettes (jamais de cuivre).

  • Vorticelles et Scutariella : organismes visibles sur la crevette, à surveiller.
  • Planaires et hydres : favorisés par le sur-nourrissage.
  • Pour le détail des symptômes et la conduite à tenir, vois notre guide des maladies des crevettes d’aquarium.

Prix indicatif et où en trouver

À titre informatif uniquement : sur le marché francophone, les Red Cherry font partie des crevettes les plus accessibles, et les variantes très rouges se paient un peu plus cher, sans que cela traduise une meilleure robustesse. Shrimp-Délice ne vend pas de crevettes vivantes : on te laisse choisir un éleveur ou un magasin de confiance, en privilégiant des animaux acclimatés et sains. Les pages boutique peuvent seulement aider à choisir le matériel, la nourriture, les tests ou la reminéralisation utiles à la maintenance.

En résumé

La Red Cherry est une sélection rouge de Neocaridina davidi, robuste et idéale pour débuter, à condition de respecter l’essentiel : une eau neutre à dure stable, un sol neutre, un bac cyclé où les nitrites sont à zéro, et une nourriture mesurée. Les paramètres sont des repères, pas des dogmes ; la couleur et la reproduction se favorisent, mais ne se garantissent pas. Avec un bac stable et planté, tu mets toutes les chances du côté d’une colonie qui s’installe et se renouvelle.

Compléments pratiques pour réussir un élevage de Red Cherry

Ces repères répondent aux questions les plus fréquentes sur la température, les juvéniles et la cohabitation. Ils complètent le guide sans remplacer l’observation du bac : chez Neocaridina davidi, la stabilité compte davantage qu’un chiffre isolé.

Aquarium de crevettes stable et planté pour maintenir des Red Cherry
Un aquarium mature, planté et stable offre un support durable au biofilm.

Température idéale des Red Cherry

Vise environ 20 à 24 °C, sans variations rapides. Une température plus élevée accélère le métabolisme et peut réduire la marge d’oxygénation ; une température plus basse ralentit l’activité. Mesure surtout la stabilité quotidienne et évite les changements brutaux.

Calendrier indicatif de reproduction

ÉtapeRepère courantÀ surveiller
AccouplementAprès une mue de la femelleAgitation des mâles et femelle qui porte les œufs
IncubationEnviron 3 à 4 semainesVentilation régulière des œufs sous l’abdomen
Libération des juvénilesLarves déjà formées, sans stade marin obligatoireBiofilm disponible et filtration protégée
Premières semainesCroissance progressiveMicro-aliments seulement si le biofilm est insuffisant

Nourriture des juvéniles Red Cherry

Les juvéniles broutent d’abord le biofilm présent sur les plantes, les racines et les surfaces. Dans un bac mature, évite de surdoser : une très petite quantité d’aliment fin peut compléter le biofilm, mais les restes dégradent rapidement l’eau.

Feuilles de catappa et botaniques favorisant le biofilm pour les crevettes
Les feuilles et botaniques fournissent des surfaces de broutage et une ressource complémentaire.

Red Cherry et Betta : cohabitation à risque

Un Betta peut prédater les juvéniles et parfois les adultes. Même si certains individus semblent calmes, la cohabitation n’est pas garantie : prévois un bac spécifique si la reproduction et la survie des jeunes sont prioritaires.

Red Cherry et Blue Velvet : même espèce, sélection différente

La Blue Velvet et la Red Cherry sont deux sélections de couleur de Neocaridina davidi. Elles peuvent se reproduire ensemble, mais les descendants peuvent perdre la couleur recherchée. Sépare les lignées si tu veux conserver une sélection stable.

Crevette Neocaridina saine dans un aquarium planté
Une Neocaridina saine est active, mange et mue sans difficulté dans un environnement stable.

FAQ – Crevette Red Cherry (Neocaridina davidi)

Une couleur : la Red Cherry est la sélection rouge de Neocaridina davidi, et non une espèce distincte.

Vise environ 20 à 24 °C, avec une température stable et sans variations rapides. Une température plus élevée réduit la marge d’oxygénation ; évite surtout les changements brutaux.

Comme repères : pH 7,0–7,5, GH 8–12 °dH, KH 3–6 °dH, TDS environ 180–280 ppm, température 20–24 °C, ammoniaque et nitrites à 0. La stabilité prime sur un chiffre isolé.

Les deux peuvent convenir selon les mesures de pH, GH, KH et TDS. Une eau osmosée doit être reminéralisée avec un sel GH/KH+ adapté ; ne choisis pas uniquement selon le nom de l’eau.

Commence avec environ 10 à 15 individus dans un bac mature et stable. La colonie peut ensuite augmenter ; ce chiffre est un repère de départ, pas une garantie ni un plafond.

Une femelle grainée porte ses œufs sous l’abdomen et les ventile avec ses pléopodes. Une selle ovarienne peut apparaître avant la ponte. « Enceinte » est le terme courant ; en aquariophilie, on parle plutôt de femelle grainée.

Après une mue, l’accouplement peut avoir lieu. Les œufs sont incubés sous l’abdomen pendant quelques semaines, puis les juvéniles naissent déjà formés en eau douce, sans phase larvaire marine. Un bac mature, planté et riche en biofilm favorise leur survie.

Comptez souvent environ 3 à 4 semaines selon la température et les conditions du bac. Il s’agit d’un repère indicatif, pas d’une durée garantie.

Environ 2,5 à 3,5 cm comme repère chez l’adulte. La taille et la coloration varient selon le sexe, la souche et les conditions d’élevage ; ce n’est pas un critère absolu pour sexer une jeune crevette.

La femelle est généralement plus grande, plus colorée et possède un abdomen plus large et arrondi. Le mâle est souvent plus petit et translucide. Ce sont des tendances, pas des règles absolues.

La durée de vie est couramment de l’ordre d’un à deux ans, selon la souche, la qualité de l’eau, la stabilité du bac et les conditions d’élevage.

Aucun poisson n’est totalement sans risque. Même un petit poisson paisible peut manger les juvéniles ; un Betta, un gourami ou tout poisson assez grand pour les gober est à éviter si la colonie doit se développer. Un bac spécifique reste le choix le plus sûr pour la reproduction.

La cohabitation comporte un risque réel de prédation, surtout pour les juvéniles. Même un Betta calme peut chasser une crevette ; ne la présente pas comme une association sûre.

Un sol neutre ou inerte, comme du sable ou un gravier neutre. Les sols actifs acidifiants sont plutôt destinés aux Caridina et peuvent faire sortir la Red Cherry de sa zone de confort.

Elles broutent surtout le biofilm et les micro-organismes du bac. Complète avec un aliment adapté en petite quantité, des végétaux blanchis et des feuilles naturelles ; le sur-nourrissage dégrade l’eau.

Le biofilm des plantes, racines et décors constitue leur ressource principale. Une poudre très fine peut compléter en petite quantité si le bac est pauvre en biofilm, sans créer de surplus organique.

Non. La Red Cherry est une Neocaridina adaptée à une eau neutre à légèrement dure et à un sol neutre. La Crystal Red est une Caridina qui demande généralement une eau plus douce et acide avec un sol actif.

Oui, ce sont deux sélections de Neocaridina davidi. Leurs descendants peuvent présenter des couleurs variables, moins intenses ou proches du phénotype sauvage au fil des générations. Sépare les lignées si tu veux conserver une sélection rouge ou bleue stable.

Sources : sources internes Shrimp-Délice (pages espèce, paramètres, cyclage, reminéralisation, sol) et retour terrain d'élevage ; pour la nomenclature et la biologie de la coloration, travaux scientifiques récents recoupés dans la documentation interne.