Caridina PRL (Pure Red Line) : guide complet 2026

Publié le , par Julien Mercier
Caridina PRL Pure Red Line rouge et blanche sur mousse dans un aquarium

L’essentiel à retenir

  • Dans le hobby, PRL désigne une lignée Crystal Red sélectionnée sans croisements annoncés avec Snow White, Golden Bee ou Taiwan Bee. La traçabilité dépend de l’éleveur : une image ou une appellation ne suffit pas à garantir la pureté génétique.
  • La PRL est une désignation d’éleveurs issue de lignées Crystal Red sélectionnées. Les dates et filiations historiques varient selon les sources ; vérifiez la provenance et les reproducteurs annoncés par l’éleveur.
  • Paramètres serrés : pH 5.8-6.4 (optimum 6.0-6.2), GH 4-6 °dH, KH 0-1 strict, TDS 100-130 ppm (155-200 µS/cm), température 20-22 °C.
  • Eau osmosée obligatoire reminéralisée Salty Shrimp Bee Shrimp Mineral GH+ (dosage type 6 g pour 30 L, ratio Ca:Mg 3:1).
  • Grading K-scale K0-K14 développée par les Logemann brothers (Allemagne) + grades classiques C à SSS+.
  • Sub-lineages premium : K14, Mosura (Crown, Smiley, Heart, Flower), Hinomaru, Flowerhead. Smileys K14 = winner NAISC 2024 [10].

La PRL correspond, dans le hobby, à une lignée Crystal Red sélectionnée et tracée par l’éleveur. Les appellations, grades et filiations peuvent varier ; l’élevage demande une eau stable, un sol adapté et une acclimatation progressive.

Rédigé par Julien Mercier, auteur spécialisé dans les crevettes Caridina et la chimie de l’eau. Les paramètres présentés sont des repères de départ à ajuster selon le bac, le sol, l’eau utilisée et les observations de l’éleveur.

Publié le 16 août 2026. Dernière révision : 16 août 2026, paramètres recoupés avec Klotz & Von Rintelen 2014 [3], Tsang 2017 [4], Chow et al. 2022 [5], RareShrimp.com [10] et observations terrain sur cinq générations PRL Black et Red en suivi conductimétrique quotidien.

Caridina PRL Pure Red Line rouge et blanche sur mousse dans un aquarium
Caridina PRL : phénotype rouge et blanc dans un aquarium planté.

Sommaire

PRL en bref : fiche identification rapide

Avant d’entrer dans le détail, voici la carte d’identité résumée de la Caridina PRL. Si tu cherches d’abord les fondamentaux Crystal Red sans entrer dans la spécificité de la pureté génétique, le guide général Crystal Red pour les bases de la Crystal Red Shrimp à connaître couvre l’introduction à l’espèce. Le présent article aborde le niveau premium pure-lineage.

Nom scientifique et taxonomie réelle

Le commerce vend la Caridina PRL sous l’étiquette Caridina cantonensis. La réalité taxonomique est plus précise : Klotz et Von Rintelen ont décrit officiellement en 2014 l’espèce Caridina logemanni [3], qui correspond aux vraies Bee shrimp dont descendent les Crystal Red et donc les PRL. Le nom de l’espèce honore les frères Logemann d’Allemagne, dont nous reviendrons sur le rôle structurant en H2 #3 origine et H2 #11 grading. Pour simplifier la lecture, nous reprenons ici l’usage commercial Caridina cantonensis, sans perdre de vue cette précision taxonomique.

Couleurs principales : rouge sang et blanc pur

Deux variantes couleur de la PRL coexistent sur le marché. La PRL Red, la plus connue, présente une alternance bandes rouges intenses et bandes blanches opaques. La PRL Black, plus rare, applique le même schéma avec du noir à la place du rouge. Les deux suivent le même grading K-scale K0 à K14 et partagent les mêmes paramètres d’eau. Une colonie annoncée PRL vise des descendants au phénotype cohérent avec la lignée sélectionnée ; sans traçabilité complète ni test génétique, aucune garantie absolue de pureté ne peut être donnée.

Niveau d’élevage requis : avancé à expert

La PRL n’est pas un sujet débutant. Une sélection en lignée fermée peut réduire la diversité génétique ; la robustesse dépend surtout de la provenance, de la diversité des reproducteurs et de la stabilité du bac. Eau osmosée reminéralisée, substrat actif, conductimètre quotidien, paramètres stables à 0.2 pH près et 20 ppm TDS près sur 24 heures : ces exigences ne s’improvisent pas. Une expérience préalable de 12 à 18 mois sur Crystal Red standard ou Neocaridina exigeantes est fortement recommandée avant d’investir dans une lignée PRL pure.

Origine et généalogie : Suzuki Japon 1993, Logemann Allemagne, PRL 2014

L’histoire de la Caridina PRL traverse trois pays sur trois décennies : Japon, Allemagne, États-Unis. Aucune publication peer-reviewed ne documente directement le morphe PRL, qui est une création hobbyiste de sélection privée. Le fil narratif ci-dessous combine les sources éleveurs internationales reconnues (RareShrimp [10], MADSHRIMP [11], Aquariumbreeder [12]) avec l’appui scientifique de la taxonomie Klotz et Von Rintelen 2014 [3] et de la génétique d’hybridation Chow et al. 2022 [5].

1993 : Hisayasu Suzuki et la mutation rouge fortuite

Au début des années 1990, l’éleveur japonais Hisayasu Suzuki maintient une colonie de Black Bee shrimp dans son installation. En 1993, il repère un individu présentant une teinte rougeâtre inhabituelle parmi ses crevettes [10]. Plutôt que d’écarter cette anomalie, il décide de la sélectionner. Cette observation chanceuse marque le point de départ d’une sélection patiente : Suzuki croise et rétro-croise sur plusieurs générations sur plusieurs générations, selon des récits d’éleveurs ; le niveau de diversité et de sensibilité dépend de chaque lignée.

1996 : le brevet Crystal Red et la naissance d’un standard

Trois ans après la découverte, Suzuki dépose un brevet et nomme officiellement la lignée Crystal Red Shrimp [10]. Il documente une mutation récessive du gène Bee shrimp standard, ce qui explique la difficulté à fixer le phénotype rouge : seul un croisement entre deux porteurs récessifs produit l’expression du caractère. Le brevet marque l’entrée du Crystal Red dans la phase d’expansion mondiale, d’abord au Japon puis vers Taïwan et l’Europe au cours des années 2000.

Les Logemann brothers en Allemagne : K-scale et taxonomie

À mesure que les Crystal Red gagnent l’Europe, les éleveurs allemands prennent une place centrale dans la standardisation hobby. Les Logemann brothers développent le système de grading K-scale K0 à K14, qui mesure principalement le ratio et la distribution de la couverture blanche opaque sur le corps de la crevette. K0 correspond à une couverture blanche minimale, K14 désigne un spécimen presque entièrement blanc, top de la hiérarchie. Ce système deviendra le standard mondial de référence parallèlement à la grille internationale C à SSS+.

La contribution Logemann ne s’arrête pas au grading. Vingt ans plus tard, Klotz et Von Rintelen publient en 2014 dans Zootaxa la description formelle de trois espèces nouvelles de Caridina ornementales, dont Caridina logemanni [3], nommée explicitement en l’honneur des frères Logemann. Cette espèce, décrite à partir de spécimens collectés en Guangdong et Hong Kong, correspond biologiquement aux Bee shrimp ornementales dont descend la lignée Crystal Red de Suzuki. La double contribution Logemann (K-scale hobby et taxonomie scientifique) constitue un cas rare de filiation directe entre standards hobbyistes et reconnaissance académique formelle.

2014 : PRL aux États-Unis et la désignation pure-lineage

Pendant les années 2000-2010, la pression de sélection sur les Crystal Red conduit à un croisement intentionnel avec les Snow White Bee pour intensifier le blanc et augmenter le grade. Cette pratique se généralise et produit ce qu’on appelle aujourd’hui les Crystal Red classiques, dont les gènes Snow et Golden Bee mélangés font que l’offspring peut produire des variants Snow ou Golden non désirés à chaque génération. En parallèle, un petit nombre d’éleveurs continuent à maintenir la lignée Crystal Red pure remontant à Suzuki, sans croisement annoncé avec Snow ou Golden Bee, selon l’historique fourni par l’éleveur. En 2014, cette sub-lineage pure fait ses débuts sur le marché américain sous le nom Pure Red Line (PRL), désignation qui signifie qu’aucun croisement Snow, Golden ou Taiwan Bee n’a jamais été pratiqué dans la généalogie de la colonie.

Note taxonomique : Caridina logemanni versus Caridina cantonensis commerce

Klotz et Von Rintelen ont publié en 2014 dans Zootaxa la description de trois espèces nouvelles issues de spécimens collectés en Guangdong et Hong Kong : Caridina logemanni, Caridina mariae et Caridina conghuensis, toutes membres du groupe d’espèces Caridina serrata [3]. Pour notre sujet : les Bee shrimp ornementales sont en réalité Caridina logemanni. La dénomination commerciale Caridina cantonensis englobe donc plusieurs espèces biologiques. Une PRL est, biologiquement et formellement, une Caridina logemanni issue de la sélection japonaise puis stabilisation pure outre-Atlantique.

Mécanisme génétique : Chow et al. 2022 et l’hybridation Caridina

Une étude récente de Chow et collaborateurs publiée en 2022 dans Marine and Freshwater Research apporte un appui scientifique direct au mécanisme évolutif que la sélection captive PRL exploite à l’envers [5]. Les auteurs ont démontré que Caridina logemanni, espèce endémique rare de Hong Kong, présente naturellement des signes d’hybridation introgressive avec un congénère répandu. Les populations de C. logemanni étudiées se révèlent d’origine hybride, avec des haplotypes mitochondriaux COI partagés entre espèces. Cette hybridation naturelle illustre la perméabilité génétique du groupe Caridina serrata. Maintenir une lignée PRL pure, c’est aller à contre-courant de ce mécanisme évolutif et exiger une discipline reproductive stricte sur plusieurs générations.

PRL vs Crystal Red classique vs Taiwan Bee vs Galaxy Pinto : la pureté génétique

Le marché des Caridina cantonensis ornementales est aujourd’hui peuplé de plusieurs lignées qui partagent toutes le même ancêtre direct, le Crystal Red de Suzuki. Pour le débutant, la distinction reste confuse parce que les apparences se ressemblent. Pour l’éleveur sérieux, la différence se joue sur un seul critère : qu’est-ce que produit l’offspring d’une colonie ? Le tableau ci-dessous synthétise les quatre lignées principales du paysage Caridina cantonensis premium en 2026.

Tableau différenciation des 4 lignées principales

Différenciation Pure Red Line, CRS classique, Taiwan Bee et Galaxy Pinto par croisements parentaux et offspring
Lignée Croisements parentaux Offspring attendu Pureté génétique
PRL pure Crystal Red × Crystal Red exclusivement, jamais Snow / Golden / Taiwan Bee phénotypes cohérents avec la lignée annoncée, sans garantie génétique absolue, sans variants Snow ni Golden Maximale
Crystal Red classique Crystal Red mélangé historiquement avec Snow White Bee et Golden Bee Crystal Red majoritaires, mais variants Snow et Golden possibles aux générations suivantes Mixte
Taiwan Bee Crystal Red × Snow White Bee intentionnel, naissance Taïwan 2006-2007 Variantes morphologiques (King Kong, Wine Red, Panda, Galaxy Pinto, etc.) Hybride sélectionné
Galaxy Pinto Lignée Tiger × Taiwan Bee avec sélection Fishbone et spots des joues Hybride morphologique Taiwan Bee × Pinto Hybride morphologique

Pourquoi la PRL est techniquement plus exigeante que la Crystal Red classique

L’argument intuitif voudrait que la lignée pure soit plus robuste puisqu’elle n’a pas été croisée. La réalité génétique va à l’inverse : maintenir une lignée fermée pendant plusieurs générations peut réduire la diversité génétique ; le coefficient réel dépend de l’historique documenté de chaque élevage. Cette base génétique étroite rend la PRL plus sensible aux variations de paramètres, aux pathogènes opportunistes et aux carences nutritionnelles. À paramètres équivalents, la perte de juvéniles est typiquement plus élevée sur PRL pure que sur Crystal Red classique. Le travail de l’éleveur PRL consiste précisément à compenser cette fragilité par une stabilité paramétrique stricte (sujet H2 #5 et H2 #6).

Routage débutants et niches cluster

Pour qui démarre en Caridina cantonensis, la Crystal Red classique reste la porte d’entrée la plus accessible : marge d’erreur paramétrique plus tolérante, prix d’acquisition plus bas, vitesse de stabilisation plus rapide. La PRL devient pertinente après 12 à 18 mois d’expérience confirmée sur la Crystal Red. Pour qui s’intéresse à la branche Taiwan Bee morphologique avec spots des joues et patterns Pinto, la Galaxy Pinto, lignée Taiwan Bee Pinto couvre cette branche distincte avec ses propres standards et critères.

Paramètres d’eau précis pour PRL

Une Caridina PRL exige une eau stable. Les valeurs ci-dessous sont des repères de départ ; la marge de tolérance dépend du sol, de l’acclimatation, de l’historique des animaux et de la stabilité réelle du bac. Les valeurs proviennent du croisement de trois sources principales : RareShrimp.com pour les fourchettes EN [10], MADSHRIMP pour les références EU [11] et Aquariumbreeder.com pour la divergence haute [12]. Avant d’entrer dans le détail PRL, le guide complet pour comprendre les paramètres généraux des crevettes pose le cadre transversal GH, KH, pH, TDS pour Caridina et Neocaridina.

Tableau de référence par stade de vie

Paramètres d’eau précis pour la PRL par stade de vie
Paramètre Optimum Tolérance Stade adulte courant Stade reproducteur Note critique
pH 6.0 à 6.2 5.8 à 6.4 5.9 à 6.3 5.9 à 6.1 Au-delà de 6.5, l’équilibre ammoniaque NH4/NH3 bascule [10][12]
GH 5 °dH 3 à 7 °dH 4 à 6 °dH 4 à 5 °dH Sous 3 °dH, problèmes de mue récurrents [10][13]
KH 0 °dH 0 à 1 °dH 0 à 1 °dH 0 °dH strict Au-delà de 1, l’acidification du substrat actif perd son effet tampon [11]
TDS (ppm / µS/cm) 110 ppm / 170 µS/cm 90 à 150 ppm 100 à 130 ppm (155 à 200 µS/cm) 100 à 120 ppm (155 à 185 µS/cm) Stress osmotique œufs au-delà de 130 ppm (200 µS/cm) prolongé [10][12]
Température 20 à 22 °C 18 à 24 °C 20 à 22 °C 21 à 22 °C 24 °C max ponctuel canicule [1]

Note méthodologique : le coefficient de conversion ppm vers µS/cm varie selon la qualité d’eau et le mélange de sels dissous, la médiane aquariophilie se situe entre 1.5 et 1.6. Les valeurs ci-dessus utilisent le coefficient 1.55.

Note de transparence sur les divergences : certaines sources éditoriales avancent une plage pH 6.6-6.9 et TDS 140-160 ppm pour les Crystal Red [12]. Pour une lignée annoncée PRL, nous recommandons une plage de départ prudente de pH 5.8-6.4 et TDS 100-130 ppm, à ajuster selon le sol et les mesures du bac. Cette plage stricte est conservatrice et reflète la pratique des éleveurs PRL spécialisés.

pH 5.8 à 6.4 : la fenêtre acidophile stricte

L’optimum 6.0 à 6.2 correspond à l’acidité naturelle des cours d’eau de Guangdong et Hong Kong où vivent les ancêtres Caridina logemanni [4]. Au-dessus de 6.5, deux problèmes apparaissent : la fraction toxique d’ammoniaque NH3 augmente rapidement, et la disponibilité des minéraux pour la mue diminue. En dessous de 5.8, le bac devient instable et les bactéries nitrifiantes peinent à coloniser le substrat actif.

GH 4-6 et KH 0-1 : la dureté contrôlée

GH représente la dureté générale, qui mesure essentiellement le calcium et le magnésium. Cible 4 à 6 °dH, optimum 5. Sous 3 °dH, la mue devient hasardeuse. Au-dessus de 7 °dH, le métabolisme s’alourdit et le stress osmotique grimpe. KH représente la dureté carbonatée, c’est-à-dire la capacité tampon. Cible 0 à 1 °dH, idéal 0 strict. Un KH non nul empêche le substrat actif de jouer son rôle d’acidifiant et fait remonter le pH au-dessus de 6.5.

TDS et conductivité : double unité ppm et µS/cm

TDS (total dissolved solids) mesure la masse de sels dissous, exprimée en ppm ou mg/L. Conductivité électrique mesure la capacité du liquide à conduire le courant, exprimée en µS/cm. Les deux unités décrivent la même réalité physique mais selon des méthodes de mesure différentes. La conversion utilise un coefficient empirique qui dépend du mélange de sels et de la température. En aquariophilie, ×1.55 est la médiane usuelle : 100 ppm équivalent à 155 µS/cm, 130 ppm à 200 µS/cm. Pour la PRL, la fourchette adultes 100 à 130 ppm est consensuelle, la fourchette reproducteurs 100 à 120 ppm limite le stress osmotique sur les œufs en développement.

Température 20 à 22 °C cible, sensibilité accrue à la chaleur

La PRL, comme l’ensemble des Caridina cantonensis premium, supporte mal la chaleur estivale. La cible 20 à 22 °C correspond au compromis entre activité métabolique correcte et stabilité reproductive. En cas de canicule, 24 °C ponctuel reste tolérable quelques heures, mais au-delà les pontes s’effondrent et les juvéniles mortifient. Tropea et collaborateurs ont documenté chez Neocaridina, espèce nettement plus robuste, des effets significatifs de la température sur la composition biochimique et la reproduction [1] : les principes sont transposables à la PRL avec des seuils d’alerte abaissés de 4 à 5 °C.

Stabilité paramétrique 24 heures : critère plus critique pour PRL

La singularité de la maintenance PRL par rapport à la Crystal Red classique tient à la tolérance aux variations. Sur une Crystal Red standard, une variation TDS de 30 à 40 ppm sur 24 heures reste acceptable. Sur une PRL pure, la cible est de maintenir l’écart sous 20 ppm sur 24 heures et sous 30 ppm sur 7 jours. La mesure quotidienne avec un conductimètre EC/TDS/T° fiable n’est pas un luxe mais un outil de surveillance indispensable. La même remarque vaut pour le pH avec une cible d’écart sous 0.2 sur 24 heures.

Eau osmosée et reminéralisation : la chimie maîtrisée

Cette section est la signature technique de la Caridina PRL. La quasi-totalité des échecs en élevage PRL débutant proviennent de la chimie de l’eau, pas du substrat ni de l’alimentation. La méthode décrite ci-dessous est celle que je pratique depuis 2015 sur ma rackline et qui sous-tend mes cinq générations stabilisées. Pour qui souhaite approfondir le rôle des sels minéraux dans l’élevage Caridina, le rôle clé du reminéralisant pour eau osmosée Caridina couvre le cadre général.

Pourquoi l’eau osmose RO est obligatoire pour la PRL

Aucune eau du robinet en France n’atteint naturellement les paramètres PRL. Les caractéristiques typiques d’une eau du robinet française (KH 5 à 15 °dH, GH 8 à 25, TDS 300 à 600 ppm, chlore et chloramines résiduels, métaux lourds traces) sont incompatibles avec la lignée. La méthode standard consiste à produire de l’eau osmosée RO (reverse osmosis) ou DI (deionized) à TDS proche de zéro, puis à la reminéraliser avec un sel spécifique Caridina qui apporte exactement les minéraux nécessaires sans modifier le KH.

La référence consensus européenne : Salty Shrimp Bee Shrimp Mineral GH+

Le sel de référence pour Caridina sensibles est le Bee Shrimp Mineral GH+ de la marque Salty Shrimp, disponible en formats 110 g et 230 g. Ce reminéralisant apporte calcium, magnésium, potassium et oligo-éléments tout en n’augmentant pas le KH, ce qui préserve l’effet acidifiant du substrat actif. Sur shrimp-delice.fr, on retrouve cette référence dans le reminéralisant Salty Shrimp Bee Shrimp Mineral GH+ format 230 g standard PRL. Le ratio Ca:Mg cible 3:1 ou 4:1 selon la dureté visée, ce qui correspond aux besoins de mue des Caridina cantonensis sélectionnées.

Dosage précis : exemple terrain 6 g pour 30 litres

Pour atteindre les paramètres de la PRL en eau osmosée pure, dosez 6 g de Salty Shrimp Bee Shrimp Mineral GH+ pour 30 L d’eau RO, ce qui donne un TDS de 110 à 130 ppm avec un ratio Ca:Mg 3:1 selon les indications fabricant et observations terrain. Cette densité de dosage produit un GH proche de 5 °dH et un KH inchangé proche de 0, parfaite cible PRL adultes. Pour atteindre la cible reproducteurs légèrement plus basse (TDS 100-120 ppm), ramener à 5 g pour 30 L. La précision du dosage importe : 1 g d’écart sur 30 L modifie le TDS d’environ 20 ppm.

Mesure quotidienne TDS et top-up partiel

La mesure systématique du TDS avec un conductimètre EC/TDS/T° est le geste qui distingue un éleveur PRL maîtrisé d’un amateur. Sur shrimp-delice.fr, je recommande un conductimètre EC/TDS/T° avec sonde précise calibré régulièrement. Vérification quotidienne du TDS, hebdomadaire du KH et NO3, mensuelle de la sonde. Une dérive supérieure à 10 ppm sur 24 heures est un signal d’alerte qui demande investigation immédiate (évaporation excessive, fuite, déstabilisation substrat).

La règle du top-up partiel est essentielle pour éviter la sur-minéralisation cumulative. Lors des changements d’eau partiels typiques (10 à 20 % par semaine), on ne reminéralise que le volume d’eau ajouté en remplacement, pas le volume total du bac. Cette discipline maintient le TDS stable au lieu de le faire grimper progressivement à chaque changement.

Erreurs courantes à éviter pour la PRL

Quatre erreurs récurrentes sabotent l’élevage PRL débutant. Premièrement, utiliser de l’eau du robinet en pensant compenser au substrat actif : le KH résiduel du robinet sature le substrat en quelques semaines. Deuxièmement, utiliser un sel généraliste (type GH/KH+ Salty Shrimp ou équivalent multi-espèces) au lieu du GH+ spécifique Bee : on augmente le KH au-dessus de 0 et on perd la stabilité pH. Troisièmement, doser au feeling sans mesure conductimétrique : impossible de garantir la reproductibilité. Quatrièmement, oublier la règle du top-up partiel et reminéraliser tout le volume d’eau du bac à chaque changement : sur-minéralisation cumulative qui pousse le TDS à 180-200 ppm en quelques mois.

Substrat actif et configuration du bac

Aquarium planté sur sol actif avec crevettes Caridina PRL rouges et blanches
Exemple d’aquarium planté sur sol actif pour Caridina PRL.

Le bac à Caridina PRL se construit autour de quatre piliers : substrat actif obligatoire pour acidifier et stabiliser, volume suffisant pour le tampon biologique, filtration douce qui ne stresse pas la colonie, et plantation accessoire mais utile au biofilm. Les compromis suivants sont ceux que je retiens sur ma propre rackline pour les bacs 45 à 90 L PRL.

Substrat actif : trois références consensus européen

Le substrat actif est obligatoire pour la PRL. Il acidifie progressivement l’eau par échange ionique, absorbe les excès de KH du fond du bac et stabilise le pH dans la fenêtre 5.8 à 6.4 pendant 12 à 24 mois selon la marque et la charge biologique. Trois références dominent le marché européen Caridina premium : Ebi Gold Shrimp Soil, gamme spécialisée Caridina disponible sur shrimp-delice.fr en tant que Ebi Gold Shrimp Soil, substrat actif référence pour Caridina premium ; Shrimp King Active Soil de Dennerle, accessible en Europe et largement utilisé en hobby allemand ; Akadama, terre japonaise calcinée originellement destinée aux bonsaïs, technique et économique mais qui demande une phase de relargage initial à maîtriser.

Volume bac : 45 à 90 litres pour la PRL

Le volume minimum absolu pour démarrer une colonie PRL est de 30 L, mais cette taille pardonne peu les erreurs paramétriques et reste un format de test. La fourchette 45 à 60 L offre un confort réel : le tampon biologique absorbe les variations ponctuelles d’ammoniaque et de nitrates, la stabilité thermique tient sans chauffage en hiver dans une pièce chauffée. Pour une stabilisation F2-F3-F4 sérieuse de la lignée pure avec séparation des reproducteurs et des juvéniles à des fins de tri rigoureux, 75 à 90 L et au-delà permet de gérer la sélection et la production parallèle de plusieurs lignées (Red et Black par exemple).

Filtration douce : exhausteur double mousse ou Matten

La filtration mécanique forte est l’ennemi de la PRL. Un filtre externe puissant aspire les juvéniles tout petits, et le débit d’écoulement stresse les adultes en repos après mue. La solution éprouvée sur PRL : exhausteur double mousse (sponge filter) ou Matten filter, alimentés à l’air sous bullage doux. Le débit est faible, la surface de colonisation bactérienne est très large, et les juvéniles peuvent paître sur la mousse sans risque d’aspiration. Un préfiltre éponge sur toute crépine reste indispensable si tu utilises tout de même un filtre suspendu pour une raison spécifique.

Plantation : mousses, Bucephalandra et Anubias

La plantation reste accessoire mais améliore le biofilm et la stabilité bactérienne du bac PRL. Trois familles tolèrent l’eau acide et le faible CO2 typique d’un bac à crevettes premium : les mousses (Java moss, Christmas moss, Riccardia), qui colonisent les décors et nourrissent les juvéniles ; Bucephalandra, épiphyte robuste à croissance lente avec large gamme de feuillages ; Anubias nana, épiphyte classique qui supporte tous les niveaux lumineux. Évite les plantes exigeantes en fertilisation : tout engrais riche en nitrates ou phosphates déstabilise le bac et augmente les risques d’algues filamenteuses qui consomment le biofilm utile aux juvéniles PRL.

Acclimatation goutte-à-goutte : protocole 4 à 5 heures critique pour PRL

Acclimatation goutte à goutte d’une crevette Caridina PRL
Acclimatation goutte à goutte : limiter les écarts de température et de minéralité.

L’acclimatation est l’étape la plus critique du cycle d’introduction d’une Caridina PRL. Une acclimatation lente limite les chocs osmotique, thermique et de pH ; la sensibilité varie selon la provenance et l’état des animaux. Le protocole goutte-à-goutte 4 à 5 heures décrit ci-dessous est plus lent que pour les autres Caridina premium, justifié par la sensibilité accrue de la lignée pure. Pour le cadre transversal, les principes complets de l’acclimatation goutte-à-goutte des crevettes Caridina couvrent les variantes selon l’espèce.

Plan d’acclimatation H+0 à J+15

  1. H+0 : préparer bacs réception et acclimatation. Vérifier T° (écart max 1 °C), pH (écart 0.2), TDS (écart 20 ppm). Récipient propre 1 à 2 L pour acclimatation séparée.
  2. H+1 : flotter le sac 20 min, démarrer goutte-à-goutte 1 à 2 gouttes/sec. Rythme plus lent qu’une Galaxy Pinto, sensibilité PRL oblige.
  3. H+3 : volume doublé, vérifier comportement et TDS. Si crevette s’affaisse ou halète, ralentir le débit.
  4. H+5 : volume quadruplé, mesurer TDS et pH. Confirmer convergence des paramètres avant transfert.
  5. H+6 : transférer à l’épuisette douce, lumière éteinte 12 h. Ne jamais verser l’eau du sac d’origine dans le bac réception.
  6. J+1 : observation post-introduction. Activité, position, fientes. Pas de nourriture J+1 (intestin vidé par stress).
  7. J+3 : micro-nourriture test. Fragment de catappa ou trace de Bacter AE, observer si elles broutent.
  8. J+7 : bilan stabilité. Si toutes vivantes et actives, lignée PRL acclimatée. Alimentation normale.

Le passage de J+7 à J+15 correspond à la phase de fixation post-acclimatation. Sur PRL, on guette particulièrement les premiers signes de mue (exuvies blanches au fond du bac) et les premières saddles ovariennes visibles chez les femelles, indicateurs que la lignée a intégré son nouveau bac sans choc résiduel.

Alimentation : intensifier le blanc sans déséquilibrer

Crevette Caridina PRL rouge et blanche broutant le biofilm sur une feuille
Le biofilm constitue une ressource importante dans un bac mature.

Caridina PRL se nourrit majoritairement par broutage du biofilm naturel d’un bac mature. Le complément alimentaire reste accessoire et doit rester parcimonieux pour ne pas surcharger les paramètres d’eau si critiques pour la lignée. Trois apports structurent le régime hebdomadaire PRL : un fond végétal permanent via des feuilles de catappa pour biofilm et tanins doux qui acidifient légèrement et apportent un substrat bactérien favorable ; un booster microbien type Bacter AE GlasGarten référence biofilm Caridina premium à doser au quart de la mesure fabricant pour fry et phases post-mue ; un apport protéiné maximum une fois par semaine via sticks Caridina à fraction protéique modérée [13]. À éviter strictement : surnourrissage qui dégrade le TDS, protéines crues mammifères, granulés Neocaridina à fraction protéique élevée qui accélèrent la mue et augmentent les ratés sur lignée inbred.

Reproduction PRL et stabilisation de la lignée pure

Femelle Caridina PRL rouge et blanche grainée avec ses œufs sous l’abdomen
Femelle grainée : illustration du port des œufs chez une Caridina PRL.

Les œufs de Caridina PRL incubent 25 à 35 jours sous l’abdomen de la femelle. À l’éclosion, 15 à 25 juvéniles autonomes émergent, légèrement moins qu’une Crystal Red classique du fait du diversité génétique réduite plus élevé. Développement direct sans phase larvaire planctonique : les juvéniles broutent le biofilm dès J+0, exposés à toute instabilité paramétrique du bac.

Identifier mâles et femelles PRL

La femelle est plus grande, abdomen large, selle ovarienne jaune-orange visible avant la ponte. Le mâle est plus fin, abdomen droit, sans selle. Différenciation nette à partir de la quatrième mue, environ trois mois après l’éclosion. Sexage précoce plus difficile sur PRL car la pigmentation blanche dominante masque la selle chez les hauts grades.

Stabilisation F2-F3-F4 et culling rigoureux

Le tri sélectif rigoureux est indispensable pour stabiliser une lignée pure. F1 parents importés, F2 première génération bac, F3 deuxième, F4 troisième. Fixation visible des caractères PRL à partir de F3 si la sélection retire les individus dégradés. Règle terrain : retirer tout K0 à K2 à chaque génération, conserver les K6 et plus pour la reproduction. Cette discipline permet la fixation K14 reproductible documentée sur mes deux lignées Black et Red.

Stabilité paramétrique 24 heures : le pivot reproductif

Sur Crystal Red classique, une variation TDS de 30 à 40 ppm sur 24 h pendant la gestation ne casse pas systématiquement la ponte. Sur PRL pure, cette même variation provoque fréquemment l’avortement des œufs. Cible reproducteurs : TDS 100-120 ppm avec écart sous 15 ppm sur 24 h. Pour comprendre le cycle de la mue chez les crevettes, le guide dédié détaille les phases.

Appui scientifique Chow et al. 2022 : hybridation Caridina

Chow et collaborateurs 2022 [5] démontrent que Caridina logemanni s’hybride naturellement avec un congénère répandu dans les ruisseaux de Hong Kong, haplotypes COI partagés. Maintenir une lignée PRL pure en captivité va à contre-courant de cette tendance évolutive. Culling rigoureux et isolation mono-espèce compensent la pression sélective naturelle qui tend à diluer la pureté Crystal Red.

Grading PRL : C à SSS et K-scale K0 à K14 (origine Logemann brothers)

Comparaison de motifs rouges et blancs chez des crevettes Caridina PRL
Les grades décrivent l’apparence ; ils ne suffisent pas à prouver la lignée.

Le grading Caridina PRL combine deux systèmes complémentaires : la grille internationale C à SSS+ et la K-scale K0 à K14 développée par les Logemann brothers en Allemagne (cf. H2 #3 origine). Cinq critères visuels structurent l’évaluation : densité de la couverture blanche, opacité du blanc, qualité du pattern (Hinomaru, Mosura, Crown, etc.), coloration des pattes (spider legs), netteté de la séparation rouge/blanc. La hiérarchie va de C (entrée de gamme) à SSS+ équivalent K14 (top competition).

Grading PRL par grade hobby international et K-scale Logemann sur marché français 2026
Grade K-scale Couverture blanc % Pattern type Sub-lineages associés Rareté FR 2026
CK0-K2Moins de 20 %Rouge dominant, marques blanches éparsesAucun (entrée de gamme)Très commun
BK2-K420 à 40 %Mixte, marques blanches faiblesAucunCommun
AK4-K640 à 55 %Bandes rouges et blanches alternéesHinomaru jeunesCommun
SK6-K855 à 70 %Bandes nettes, opacité bonneHinomaru, Crown jeunesModéré
SSK8-K1070 à 80 %Hinomaru défini, blanc opaqueHinomaru, No-Entry, CrownRare
SSSK10-K1280 à 90 %Blanc dominant, marquage rouge précisMosura jeunes, Double HinomaruTrès rare
SSS+ (K14)K14Plus de 90 %Quasi-blanc complet, opacité totale, spider legsMosura Crown, Smileys, Heart, Flower, Lightning, FlowerheadImportation, sur commande

Fourchettes de prix marché français 2026

Le marché français Caridina PRL en 2026 s’organise par fourchettes de prix qui dépendent du grade K-scale, de la lignée parentale (Black ou Red) et du sub-lineage (Hinomaru, Mosura, Smileys, Flowerhead). Les fourchettes ci-dessous reflètent les observations consensus sur la place de marché française pour des PRL hauts grades en élevage local ou import.

Fourchettes de prix Pure Red Line par grade sur le marché français 2026
Grade K-scale équivalent Fourchette prix unité (FR 2026) Disponibilité
C / B StandardK0-K215 à 25 €Courant
AK425 à 40 €Modéré
SK640 à 60 €Rare
SSK8-K1060 à 90 €Très rare
SSS / SSS+ K14K12-K1490 à 150 € et plusImportation, sur commande

Note méthodologique : Fourchettes observées sur le marché français 2026, hors frais de port, variant selon la lignée (Black vs Red), le sub-lineage (Mosura, Smileys, Hinomaru rares à hauts prix) et la disponibilité saisonnière. Shrimp Délice ne commercialise pas de crevettes vivantes et ne recommande aucun vendeur en particulier.

Sub-lineages premium : K14, Mosura, Smileys, Hinomaru et autres patterns rares

Les sub-lineages PRL premium se classent en deux familles principales (Mosura et Hinomaru) plus des patterns isolés rares. Cette nomenclature est largement diffusée par RareShrimp.com [10] et MADSHRIMP [11] avec la grille K-scale Logemann. Section signature inédite en éditorial français.

K14 standard

Spécimen quasi entièrement blanc, opacité totale, spider legs blanches sur les cinq paires, marquage rouge ou noir minimal et précis. Top de la K-scale Logemann, équivalent SSS+ international. Pas de pattern spécifique nommé, simplement la couverture blanche maximale. FR 2026 : importation principalement.

Mosura Crown

Demi-cercle blanc à l’intérieur du marquage rouge sur le dessus de la tête, apparence de couronne. K12 typique. Pattern apprécié pour sa netteté géométrique et la difficulté de fixation génétique. Observé chez les éleveurs allemands et japonais référents.

Mosura Smiley (K14)

Sur la tête, un dot rouge surmonté d’un dash crée l’apparence d’un visage souriant vu du dessus. K14 obligatoire. Pattern le plus prestigieux du Mosura family. Peiwen a remporté le Show Stopper Award 2nd Place au NAISC 2024 avec une lignée K14 PRL Smileys [10], et les Smiley faces K14 ont déjà gagné Best in Show aux Australian Shrimp Championships 2015 [12].

Mosura Heart

Dash blanc traversant le marquage rouge sur le dessus de la tête, apparence de cœur vu de côté. K12 à K14. Pattern apprécié pour sa rareté et son symbolisme. L’un des patterns Mosura les plus difficiles à fixer reproductiblement sur F3-F4.

Mosura Flower (Flowerhead)

Patch blanche latérale sur la tête créant un motif de fleur stylisée. K10 à K14 selon la précision du dessin. Sub-lineage collector apprécié pour le contraste graphique. FR 2026 : disponibilité quasi nulle, import direct ou échange entre éleveurs spécialisés.

Hinomaru standard

Hinomaru (« Soleil levant ») présente un cercle rouge net sur le dessus du dos d’une crevette grade SS. K8 typique. Pattern classique japonais, reconnaissable d’un coup d’œil. Souvent point d’entrée du collector vers les patterns Mosura plus exigeants.

No-Entry Hinomaru

Dash blanc qui traverse le cercle rouge classique, apparence de panneau routier « sens interdit ». K8 à K10. Variante du Hinomaru standard nettement plus rare, prisée pour sa lisibilité géométrique unique. Recherché par les collectionneurs sérieux.

Double Hinomaru, V-band et Crown PRL

Double Hinomaru présente deux cercles rouges : un sur le dos plus un point ou bande supplémentaire sur la queue. K8 à K10. Le pattern Crown PRL (couronne sur tête) et le V-band (bande V dorsale rouge) sont des variantes K8-K12 plus marginales sur le marché européen mais documentées par RareShrimp [10] et MADSHRIMP [11]. Patterns rares négociés hors fourchette standard.

FAQ : Caridina PRL, les questions des éleveurs

PRL (Pure Red Line) est une appellation d’éleveurs pour une lignée Crystal Red sélectionnée sans croisements annoncés avec Snow White Bee, Golden Bee ou Taiwan Bee. Ses descendants sont attendus comme cohérents avec la lignée annoncée, sous réserve de la traçabilité de l’éleveur. Une Crystal Red classique peut avoir des gènes Snow ou Golden mélangés historiquement et produire des variants non désirés aux générations suivantes. La PRL est techniquement plus exigeante à élever du fait de sa base génétique étroite.

La plage de départ pour PRL est pH 5.8 à 6.4, avec un optimum à 6.0-6.2. Cette plage est plus serrée que pour une Crystal Red classique du fait d’une sélection en lignée fermée rapportée par certains éleveurs. Au-delà de 6.5, l’équilibre ammoniaque bascule. Sous 5.8, le bac devient instable.

Pour la reproduction PRL, viser un TDS de 100 à 120 ppm (155 à 185 µS/cm avec coefficient ×1.55), légèrement plus bas que la cible adultes 100-130 ppm. Maintenir l’écart sous 15 ppm sur 24 heures et sous 20 ppm sur 7 jours. La stabilité paramétrique est importante ; une variation rapide de TDS peut perturber la mue et la reproduction, sans qu’un seuil unique soit valable pour toutes les colonies.

K14 est une appellation de grading hobby souvent attribuée à la K-scale associée aux frères Logemann ; les critères et équivalences peuvent varier selon les éleveurs. Un K14 désigne une PRL presque entièrement blanche, opacité totale, marquage rouge minimal et précis, spider legs blanches sur les cinq paires. Équivalent SSS+ international. Très rare en France 2026, principalement par importation directe.

Mosura désigne une famille de sub-lineages PRL caractérisés par un blanc dominant avec un marquage rouge spécifique sur la tête. Les principales variantes sont Mosura Crown (demi-cercle blanc en couronne), Mosura Smiley (dot et dash formant un visage souriant, K14), Mosura Heart (dash en cœur), Mosura Flower aussi appelé Flowerhead (patch fleur stylisée). K10 à K14 selon la précision.

Les œufs incubent 25 à 35 jours sous l’abdomen de la femelle PRL, selon la température (plus court à 22 °C, plus long à 20 °C). À l’éclosion, 15 à 25 juvéniles entièrement formés et autonomes émergent, légèrement moins qu’une Crystal Red classique du fait du diversité génétique réduite plus élevé. Pas de phase larvaire planctonique : ils broutent le biofilm dès J+0.

Trois leviers structurent la stabilisation. Premier levier : culling rigoureux à chaque génération, retirer tout K0 à K2 et conserver les K6 et plus pour la reproduction. Deuxième levier : stabilité paramétrique ultra-stricte (TDS écart sous 15 ppm sur 24 h, pH écart sous 0.2). Troisième levier : isolation mono-espèce stricte, aucun contact avec Crystal Red classique, Snow ou Taiwan Bee qui mélangerait les objectifs de sélection ; la traçabilité de la lignée doit être maintenue. La fixation visible des caractères apparaît typiquement à partir de F3.

Les prix observés varient selon l’éleveur, le grade, la provenance et la saison ; 15 à 25 € la pièce pour grade C/B Standard, 25 à 40 € pour grade A, 40 à 60 € pour S, 60 à 90 € pour SS, 90 à 150 € et plus pour SSS et SSS+ K14. Les patterns rares Mosura Smiley, Crown ou Hinomaru se négocient hors fourchette directement avec les éleveurs spécialisés.

Sources et références scientifiques

Cet article s’appuie sur sept sources peer-reviewed couvrant la taxonomie, la génétique des populations et la biologie reproductive de Caridina cantonensis et de Caridina logemanni, complétées par quatre sources d’éleveurs internationaux reconnus non marchands (États-Unis et Europe). Aucune publication peer-reviewed ne documente directement le morphe PRL, qui est une création hobbyiste de sélection japonaise puis stabilisation US. La hiérarchisation visuelle ci-dessous reflète le niveau de preuve.

Sources peer-reviewed scientifiques

  1. Tropea C., Stumpf L., López Greco L.S. (2015). Effect of Temperature on Biochemical Composition, Growth and Reproduction of the Ornamental Red Cherry Shrimp Neocaridina heteropoda heteropoda. PLoS ONE 10(3): e0119468. Open Access. Tropea 2015 – reproduction Neocaridina et température transposable PRL
  2. Von Rintelen K., Cai Y. (2009). Radiation of endemic species flocks in ancient lakes: systematic revision of the freshwater shrimp Caridina from the ancient lakes of Sulawesi, Indonesia. Raffles Bulletin of Zoology 57(2): 343-452. PDF Open Access. Von Rintelen et Cai 2009 – clarification taxonomique PRL distinct Sulawesi
  3. Klotz W., Von Rintelen T. (2014). To « bee » or not to be – on some ornamental shrimp from Guangdong Province, Southern China and Hong Kong SAR, with descriptions of three new species. Zootaxa 3889(2): 151-184. Paywall éditeur, abstract ouvert. Klotz et Von Rintelen 2014 – description Caridina logemanni Bee shrimp réelle

    Note : décrit officiellement Caridina logemanni, espèce nommée en l’honneur des frères Logemann (Allemagne, créateurs K-scale K0-K14). Double contribution Logemann à la taxonomie scientifique ET au grading hobby. Version manuscrit via ResearchGate.

  4. Tsang L.M., Tsoi K.H., Chan S.K.F., Chan B.K.K., Chu K.H. (2017). Strong genetic differentiation among populations of the freshwater shrimp Caridina cantonensis in Hong Kong. Marine and Freshwater Research 68(1): 187-194. Paywall CSIRO. Tsang 2017 – génétique populations Caridina cantonensis Hong Kong

    Note : full text uploadé par les auteurs sur ResearchGate.

  5. Chow L.H., Tsang L.M., Chu K.H. & Ma K.Y. (2022). Genetic assessment of the rare freshwater shrimp Caridina logemanni endemic to Hong Kong and its hybridisation with a widespread congener. Marine and Freshwater Research 73(4): 491-502. Paywall CSIRO. Chow et al. 2022 – hybridation Caridina logemanni mécanisme génétique

    Note : appui scientifique direct au mécanisme génétique légitimant la sélection captive PRL pure contre la tendance naturelle à l’hybridation. Manuscrit via ResearchGate.

  6. De Grave S., Fransen C.H.J.M. (2011). Carideorum catalogus: the recent species of the dendrobranchiate, stenopodidean, procarididean and caridean shrimps. Zoologische Mededelingen 85(9): 195-589. PDF Open Access via Naturalis Biodiversity Center.
  7. Yam R.S.W., Dudgeon D. (2005). Genetic differentiation of Caridina cantonensis in Hong Kong streams. Journal of the North American Benthological Society 24(4): 845-857. Paywall BioOne. Yam et Dudgeon 2005 – divergence génétique populations sauvages

Sources complémentaires : éleveurs internationaux reconnus non marchands

Les sources ci-dessous correspondent à des retours d’expérience d’éleveurs et observateurs internationaux non marchands (États-Unis principalement). Elles ne sont pas peer-reviewed mais représentent le consensus international hobby Pure Red Line 2020-2026. Convergence entre plusieurs sources = signal fort. Ces sources complètent les peer-reviewed sans s’y substituer pour les affirmations factuelles relatives à PRL.

  1. RareShrimp.com – article PRL dédié, généalogie CRS Suzuki, grading K-scale, NAISC 2024 Smileys
  2. MADSHRIMP – Four Beauties patterns Mosura, Hinomaru, Crown, Smiley
  3. Aquariumbreeder.com – grading visuel CRS avec photos, Australian Shrimp Championships 2015
  4. Shrimpy Business – Taiwan Bee varieties + crédit Suzuki Black Bee shrimp historique

Sources consultées et vérifiées le 14 juin 2026.